Top 5 des meilleures ventes de romans francophones en France – Semaine 46

Mes clients de bêta-lecture me demandent souvent si leur livre peut se vendre en France. Et  je ne sais pas quoi répondre, parce qu’au-delà de faire un retour sur la qualité de l’histoire et de l’écriture, ce qui se publie et se vend en France est un mystère pour moi !

Alors, pour y voir plus clair,  j’ai décidé de faire la liste, chaque semaine, des cinq meilleures ventes de romans francophones en France. C’est une manière synthétique de voir ce qui « marche » en France et à quoi ressemble le marché.

Les règles du jeu : j’intègre dans ce top 5 les cinq premiers romans francophones qui apparaissent chaque semaine dans le palmarès pro du site Edistat. Je n’inclus que des romans pour adultes et jeunes adultes (pas de roman graphique, pas de BD, pas d’autobiographie, etc…).

A noter : chaque lien vous dirige vers des portails de librairies indépendantes et aucun lien n’est sponsorisé. La librairie de votre quartier reste le meilleur choix !

1. La plus secrète mémoire des hommes (prix Goncourt 2021) de Mohamed Mbougar Sarr

En 2018, Diégane Latyr Faye, jeune écrivain sénégalais, découvre à Paris un livre mythique, paru en 1938 : Le labyrinthe de l’inhumain. On a perdu la trace de son auteur, qualifié en son temps de « Rimbaud nègre », depuis le scandale que déclencha la parution de son texte. Diégane s’engage alors, fasciné, sur la piste du mystérieux T.C. Elimane, se confrontant aux grandes tragédies que sont le colonialisme ou la Shoah. Du Sénégal à la France en passant par l’Argentine, quelle vérité l’attend au centre de ce labyrinthe ? Sans jamais perdre le fil de cette quête qui l’accapare, Diégane, à Paris, fréquente un groupe de jeunes auteurs africains : tous s’observent, discutent, boivent, font beaucoup l’amour, et s’interrogent sur la nécessité de la création à partir de l’exil. Il va surtout s’attacher à deux femmes : la sulfureuse Siga, détentrice de secrets, et la fugace photojournaliste Aïda… D’une perpétuelle inventivité, La plus secrète mémoire des hommes est un roman étourdissant, dominé par l’exigence du choix entre l’écriture et la vie, ou encore par le désir de dépasser la question du face-à-face entre Afrique et Occident. Il est surtout un chant d’amour à la littérature et à son pouvoir intemporel.

2. Premier sang (prix Renaudot 2021), d’Amélie Nothomb

Rendant hommage à son père décédé pendant le premier confinement imposé durant la pandémie de Covid-19, l’écrivaine prend pour point de départ un événement traumatisant de la vie du défunt pour se plonger dans ses souvenirs d’enfance. Alors qu’il est militaire et négocie la libération des otages de Stanleyville au Congo, Patrick Nothomb se retrouve confronté de près à la mort. Prix Renaudot 2021.

3. L’inconnue de la seine, de Guillaume Musso

Repêchée dans la Seine, une jeune femme est conduite à la préfecture de police de Paris d’où elle s’échappe quelques heures plus tard. D’après les analyses ADN, il s’agit de Milena Bergman, une célèbre pianiste censée être morte dans un crash d’avion plus d’un an auparavant. Raphaël, son ancien fiancé, et Roxane, une policière mise au placard, tentent d’éclaircir ce mystère.

4. La muse rouge (prix du quai des orfèvres 2022), de Véronique de Haas

Paris, 1920. Victor Dessange intègre la brigade criminelle à son retour des tranchées. Dans un contexte bouleversé, des prostituées sont assassinées sans que ces affaires soient jugées prioritaires. Jusqu’au jour où un client des maisons closes, représentant officiel de la République de Chine, est retrouvé mort.

5. S’adapter, de Clara Dupont-Monod

C’est l’histoire d’un enfant aux yeux noirs qui flottent, et s’échappent dans le vague, un enfant toujours allongé, aux joues douces et rebondies, aux jambes translucides et veinées de bleu, au filet de voix haut, aux pieds recourbés et au palais creux, un bébé éternel, un enfant inadapté qui trace une frontière invisible entre sa famille et les autres. C’est l’histoire de sa place dans la maison cévenole où il naît, au milieu de la nature puissante et des montagnes protectrices ; de sa place dans la fratrie et dans les enfances bouleversées. Celle de l’aîné qui fusionne avec l’enfant, qui, joue contre joue, attentionné et presque siamois, s’y attache, s’y abandonne et s’y perd. Celle de la cadette, en qui s’implante le dégoût et la colère, le rejet de l’enfant qui aspire la joie de ses parents et l’énergie de l’aîné. Celle du petit dernier qui vit dans l’ombre des fantômes familiaux tout en portant la renaissance d’un présent hors de la mémoire.

Comme dans un conte, les pierres de la cour témoignent. Comme dans les contes, la force vient des enfants, de l’amour fou de l’aîné qui protège, de la cadette révoltée qui rejettera le chagrin pour sauver la famille à la dérive. Du dernier qui saura réconcilier les histoires.

La naissance d’un enfant handicapé racontée par sa fratrie.

Un livre magnifique et lumineux.

A la semaine prochaine pour un nouveau top 5 des meilleures ventes de romans francophones !