Les conseils de… James Frey – Re-rêver le rêve !

Vous avez mis le point final à votre histoire et, un peu fébrile, vous l’avez confiée à des bêta-lecteurs de confiance. Ils vous ont fait des retours précis sur quelques scènes à retravailler. Mais est-ce si facile de se replonger dans le texte pour réécrire ces scènes qui sont apparues dans votre tête il y a quelques mois ? Découvrez pourquoi échouer à re-rêver le rêve est une erreur mortelle !

En tant que bêta-lectrice, j’identifie des scènes à retravailler dans vos manuscrits. Ce sont souvent des scènes qui manquent de clarté. Par exemple, à la première lecture, je ne comprends pas où sont les personnages, lesquels sont présents, ou quel est l’enjeu de la scène dans l’intrigue. Ou alors ce sont des scènes qui ont un grand potentiel mais qui sont sous-exploitées.

Une fois ces scènes identifiées, comment les retravailler, comment les réimaginer, en gardant l’essentiel mais en acceptant de changer ce qu’on avait visualisé lors du premier jet ?

Echouer à re-rêver le rêve, une erreur mortelle !

James Frey, dans son livre « How to write a damn good novel II » estime que ne pas savoir « re-rêver le rêve » est une des sept erreurs mortelles qui empêchent de progresser en tant qu’auteur et de transformer un premier jet en un roman finalisé et publiable.

James Frey est professeur d’écriture créative et il se souvient de deux de ses élèves. Une femme est arrivée dans son cours avec un projet de roman en plusieurs tomes sur sa famille et sur sa vie de femme au foyer. La seconde avait un doctorat en anthropologie et un projet de roman sur les Indiens au Pérou. La première faisait toutes les erreurs de débutante, personnages plats, situations clichées, dialogues banals. Les retours des participants ont été brutaux. La seconde, au contraire, reçut des commentaires enthousiastes du groupe. Pourtant, deux ans plus tard, la première avait placé son manuscrit chez un agent littéraire et presque terminé un deuxième roman alors que la seconde n’avait pas avancé.

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En discutant avec ces deux femmes, James Frey s’est rendu compte que la principale différence résidait dans la manière dont elles envisageaient la réécriture de leurs textes. La première s’est rendu compte assez vite que les ambitions qu’elle avait en arrivant étaient trop hautes et qu’elle devait apprendre à re-rêver son rêve. Elle expliqua que pour écrire une scène, elle la voyait dans sa tête, puis elle l’écrivait. Elle la faisait ensuite lire et ses lecteurs lui signalaient les points faibles. Puis elle s’installait de nouveau à son bureau et était capable de revisualiser la scène. Elle pouvait voir l’histoire se dérouler dans sa tête de manière différente.

La seconde personne en revanche raconta qu’une fois qu’elle visualisait la scène d’une certaine manière, alors elle ne pouvait plus la modifier. C’était comme un souvenir. Juste là. Fixé. Les personnages ne pouvaient plus agir différemment. James Frey confirme que pour lui aussi, il est plus facile de changer de rêve et d’écrire une toute nouvelle scène, plutôt que de réussir à remanier la scène existante.

Comment re-rêver le rêve ?

James Frey suggère deux choses pour réussir à réécrire la scène en prenant en compte un conseil extérieur : commencer la scène plus tôt et donner à ses personnages des objectifs différents.

Une fois cette compétence maîtrisée, une certitude s’impose : nul besoin d’avoir peur de la page blanche quand on a compris que le plus gros du travail commence après la fin du premier jet !

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