Nombre de mots d’un roman : mes stats personnelles de bêta-lectrice
La question du nombre de mots d’un roman obsède souvent les apprentis écrivains ! Et c’est compréhensible. Cette information est nécessaire pour savoir dans quoi on se lance, pour calibrer son histoire aux attentes du marché et pour faire des petits calculs bien utiles.
Le site https://wordcounters.com/ est une excellente ressource qui estime le nombre de mots de très nombreux livres publiés.
Dans cet article, je vais utiliser le tableau de bord de mon activité de bêta-lectrice pour vous offrir une analyse du nombre de mots des romans par genre dans les quelques centaines de manuscrits que j’ai bêta-lus depuis plusieurs années. Bien sûr, cet échantillon n’est pas complètement représentatif, mes clients (vous !) étant des romanciers débutants. Mais, c’est un petit aperçu de la réalité.
Photo de Mika Baumeister sur Unsplash
1. La méthode pour analyser le nombre de mots d’un roman parmi ceux que j’ai bêta-lus
D’abord, j’ai exclu les textes suivants :
– les manuscrits jeunesse parce qu’il faudrait séparer par catégorie d’âge pour être pertinent et je n’en ai pas assez.
– les textes en-dessous de 40 000 mots, car on tombe ensuite dans la novella.
– les textes expérimentaux trop difficiles à catégoriser dans un genre.
Ensuite, pour analyser le nombre de mots d’un roman en moyenne par genre, j’ai choisi six catégories, que j’ai définies ainsi pour cet exercice :
– Littérature blanche/contemporaine : des histoires réalistes qui se passent dans le monde d’aujourd’hui et excluent les catégories suivantes.
– Romance : des histoires centrées sur une histoire d’amour.
– Thriller/Suspense : des histoires basées sur un mystère à la tension croissante.
– Polar : des enquêtes sur des crimes.
– Historique : des histoires du passé.
– Imaginaire : des histoires qui dépassent la réalité qui nous entoure.
Cette dernière catégorie était la plus importante et comportait pas mal d’histoires différentes, alors je l’ai scindée en quatre sous-catégories :
– Fantasy : des histoires magiques dans des mondes en grande partie ou entièrement imaginaires.
– Fantastique : des histoires surtout réalistes avec une petite étincelle de magie/paranormal.
– Science-Fiction : des histoires futuristes, basées sur les progrès de la science et l’exploration de l’univers.
– Dystopie : des histoires qui anticipent l’avenir de manière sombre.
2. Les résultats : nombre de mots d’un roman en moyenne par genre
3. Mes conclusions sur la longueur des romans par genre
Les résultats me semblent très logiques ! Ils paraissent correspondre à la norme concernant le nombre de mots d’un roman pour chacun des genres.
Je pense que ces résultats s’expliquent d’abord par les recommandations extérieures. Les romanciers suivent les conseils et les demandes des maisons d’éditions pour augmenter leurs chances d’être publiés.
Et ces longueurs s’expliquent aussi par les besoins spécifiques de ces histoires.
En effet, dans un roman de Fantasy et de Science-fiction, il faut créer tout un monde et montrer au lecteur le décor et le fonctionnement de la magie et/ou des technologies. La dystopie a vocation a donner davantage l’impression d’un coup de poing, pour créer un message marquant, et est donc plus courte parmi les romans de l’Imaginaire. Les romans fantastiques sont entre les deux, avec des éléments magiques à expliquer, certes, mais pas tout un monde à construire dans la tête du lecteur.
De même, la littérature blanche est à un très classique 60 000 mots, qui est toujours un bon objectif pour commencer, à mon avis. Le roman historique est plus long pour les mêmes raisons que la Fantasy : l’univers narratif nécessite plus d’explications. Entre les deux, les romance, polar et thriller ont une intrigue plus développée que la littérature blanche, dans un univers narratif réaliste.
Enfin, au niveau des genres seulement, je trouve très intéressant de noter que presque la moitié des romans que j’ai bêta-lus sont des romans de l’Imaginaire (46%), ensuite vient la littérature blanche (22%) et les thrillers (13%).
En conclusion,
Ce petit exercice m’a bien plu. Retourner dans mes archives depuis 2016 a été intéressant (et un peu nostalgique !)
J’ai été assez étonnée que les résultats soient autant conformes à la théorie, car la plupart sont des premiers jets.
Malgré le manque de représentativité (n’oubliez pas que ces données valent ce qu’elles valent !) et le fait qu’il y ait des exceptions à tout, je trouve qu’il s’agit quand même là d’une bonne base si vous souhaitez un cadre pour vous lancer dans l’un de ces genres romanesques.
Il est toujours utile de se fixer, en amont, un objectif de nombre de mots pour un roman que l’on souhaite rédiger, même si, à la fin, il n’est pas parfaitement respecté !
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